Rabid Habs

Francis Trudel: jamais deux sans trois?

Le 23 janvier dernier, les Marquis de Jonquière et les 3L de Rivière-du-Loup, dans la LNAH, réalisaient une transaction majeure: le gardien de l’année 2015-16, Loïc Lacasse, était échangé en retour du défenseur-étoile Francis Trudel, qui prenait la route du Saguenay.

Capture d’écran: EliteProspects

Outre onze rencontres disputées dans l’uniforme des Marquis à son retour d’Europe en 2011-12, Trudel avait passé toute sa carrière dans la LNAH au sein du club louperivois, qu’il a aidé à remporter le premier championnat de son histoire l’an dernier, un an après avoir dominé tous les défenseurs de la ligue avec 46 points.

Photo: Facebook

Il va sans dire que le vétéran était sous le choc au moment de l’échange.

J’étais très déçu de quitter les 3L, mais surtout, mes chums avec qui je suis allé à la guerre pendant si longtemps. Année après année, nous n’arrivions pas à gagner une seule ronde éliminatoire, mais nous y croyions toujours et savions que nous n’étions pas loin. Finalement, on l’a eu (le championnat). Après avoir vécu quelque chose d’aussi intense, c’était dur de quitter ce groupe de chums.

Un coéquipier fort populaire, Trudel n’était pas le seul déçu: le capitaine des 3L, Sylvain Deschatelets, a lui aussi trouvé cette séparation difficile, lui qui n’a que de bons mots pour son ancien frère d’armes:

Francis Trudel a été un coéquipier exemplaire et un parfait exemple de persévérance pour nous tous! Il aurait facilement pu être le capitaine de l’équipe. Un leader incontesté en défensive et un joueur très respecté, il ne démontrait jamais de frustration et demeurait toujours très calme et positif. Quand les choses allaient moins bien, c’était le gars avec qui j’avais le plus d’affinités. Il essayait toujours de trouver des solutions pour améliorer son jeu et celui de l’équipe. Il est un défenseur très fiable et intelligent, tant offensivement que défensivement et on peut toujours compter sur lui, peu importe le rôle qui lui est confié.

Malgré la déception, Trudel s’est rapidement senti désiré par sa nouvelle organisation et en bon professionnel, a vite tourné la page et s’est consacré entièrement aux Marquis:

Après l’échange, j’ai reçu des appels des Marquis me disant qu’ils étaient très heureux que je me joigne à eux et voulaient que nous allions chercher la Coupe ensemble… alors quand tu entends ça et es accueilli dans la chambre comme je l’ai été, tu ne peux faire autrement que regarder en avant et tout donner pour gagner la Coupe.

Cette Coupe, il l’a gagnée quelques mois plus tard. La déception causée par l’échange faisait alors place à l’extase pour Trudel, lui qui remportait ainsi un second championnat d’affilée. Cette deuxième bague revêt pour lui la même importance que la précédente, même s’il l’a vécue différemment:

Il n’y a pas deux Coupes pareilles, même lorsque tu les remportes avec une même équipe, alors imagine lorsque tu les gagnes avec deux clubs différents… La première est toujours spéciale, car c’est la première. De plus, en raison de la sérieuse blessure que j’avais subie lors du premier match de la demi-finale de l’an dernier, je croyais que ma saison était terminée. Le fait d’être en mesure de revenir au jeu, participer à la finale et gagner le septième match à domicile, c’est spécial.

Cette année, le fait que les 3L ne connaissaient pas la saison espérée et ont cru qu’une des solutions était de m’échanger a servi de source de motivation supplémentaire. Puis quand j’ai finalement appris à connaître les gars des Marquis… comment ne pas être fier et vouloir tout donner pour une gang de vrais comme ça? On aurait bien sûr préféré gagner la Coupe à domicile, mais quand tu gagnes en quatre, tu ne choisis pas où tu le fais.

Bref, les deux championnats m’ont apporté deux feelings différents, mais tout aussi satisfaisants l’un que l’autre quand tu tiens la Coupe au bout de tes bras!

L’appréciation de Trudel envers ses nouveaux coéquipiers est réciproque. En effet, le populaire #Warrior Hubert Poulin n’a pas tari d’éloges à l’endroit de celui qu’il considère maintenant comme un ami:

Francis Trudel, mon coéquipier des Marquis, a réalisé tout un exploit en gagnant la Coupe Vertdure deux années de suite avec deux formations différentes. Il a été un élément clé aux succès de son équipe grâce à son talent. Frank est un gentleman qui excelle autant sur la glace que dans la chambre de hockey. Il est un très bon rassembleur et est comme un père pour nous dans la chambre. Il sait calmer les troupes et a toujours le bon mot pour encourager celui qui connait des difficultés. Francis est un ami et je suis très heureux d’avoir soulevé la Coupe avec lui. Je lui souhaite de répéter l’exploit pour une troisième fois l’an prochain.

Vidéo: LNAH Vidéos

Parlant de l’an prochain, le sympathique défenseur n’a toujours pas pris de décision définitive à savoir s’il sera de retour ou optera plutôt pour la retraite au sommet de sa gloire. Cependant, il avoue que la flamme brûle toujours intensément.

C’est la question qui revient à chaque année. J’ai une famille avec qui j’ai envie de passer du temps et un emploi qui me prend parfois certains soirs et weekends, alors je dois m’assurer de trouver un bon équilibre dans tout ça. Cela dit, je ne crois pas encore être prêt à arrêter.

Alors, jamais deux sans trois?

C’est ce que je vise. Depuis que je joue au hockey, la seule chose à laquelle je pense, c’est gagner la Coupe. Le jour où je n’aurai pas ça en tête en commençant la saison, je vais arrêter.

Oui, les Marquis ont payé cher pour obtenir les services de Trudel. Mais pour un leader pareil, dont la soif de victoire est contagieuse, le prix en a valu la chandelle. Espérons, tant pour le club Jonquiérois que pour la LNAH, que ses réflexions mèneront à un retour la saison prochaine.

Hockeyment vôtre,

Serge Côté

Création: Hugo Cotnoir