Rabid Habs

Souvenirs du CH : Andy Moog

Former Habs' Andy Moog

Nous sommes le 17 Juillet 1997. Le soleil brille sur la ville où je suis né et qui m’a vu grandir, notre belle Montréal chérie, où réside l’équipe de hockey la plus titrée de l’histoire de la LNH, nos Canadiens. J’ai terminé ma quatrième secondaire un mois plus tôt et je vais célébrer mes dix-sept ans quatre mois plus tard. La saison précédente, le CH, mené par Mario Tremblay, s’est incliné en première ronde des séries contre les Devils et leur incroyable gardien Martin Brodeur.

Le Canadien traversait une période noire…il avait raté les séries pour la première fois en vingt-cinq ans deux ans plus tôt et s’était aussi incliné en première ronde en 1995-96, baissant pavillon en six parties contre les Rangers après avoir mené la série 2-0. En gros, le tricolore n’avait pas gagné une série depuis la finale de la coupe de 1993, soit aucune en quatre ans, une séquence inacceptable pour une équipe aussi glorieuse.

À l’été 1997, le CH a un nouvel entraîneur, Alain Vigneault, pour tenter de redresser la barque, puisque Mario Tremblay a démissionné de son poste, le 30 avril de la même année. Le remplaçant de Patrick Roy, le jeune Jocelyn Thibault, a déçu lors de la saison qui venait de se terminer, montrant une moyenne de buts alloués de près de trois par partie, des chiffres qui ne sont en rien ceux du Roy Patrick, dont plusieurs fans pleuraient encore le départ à l’époque.

Revenons au 17 Juillet 1997…Réjean Houle réalise un de ses rares bons coups à titre de DG des Glorieux, alors qu’il accorde un contrat de trois ans au vétéran gardien Andy Moog, 37 ans, qui vient de connaître la meilleure saison de sa carrière avec les Stars de Dallas, un club en ascension qui comptait notamment les excellents Mike Modano, Jere Lehtinen, Derian Hatcher et Brett Hull dans ses rangs.

Cependant, les Stars venaient de réaliser un gros coup sur le marché des joueurs autonomes en signant l’excellent Ed Belfour, un gardien élite de la LNH qui venait de quitter Chicago et qui était brièvement passé par l’organisation des Sharks de San Jose. Après cette signature, il était bien clair que l’avenir du gardien Moog ne passait plus par le Texas.

Flairant une belle occasion d’ajouter un efficace portier d’expérience, l’état-major fit signe au gardien de Pentiction (Colombie-Britannique) pour aider le club à remonter la pente et aussi se donner une police d’assurance au cas où Thibault connaissait une autre saison en dents de scie.

Andy Moog était un gagnant qui avait remporté la coupe Stanley trois fois avec les Oilers durant les années ’80 comme deuxième gardien, en plus d’atteindre la finale deux fois à titre de gardien numéro un des Bruins de Boston, en plus d’atteindre deux autres demi-finales. De 1987 à 1992, le numéro 35 avait atteint la demi-finale ou la finale à cinq reprises! Qui plus est, il était connu des fans montréalais, ayant été en partie responsable de quatre éliminations du Canadien durant les années ’90 avec Boston.

Même si beaucoup aimaient bien le jeune québécois Thibault, l’arrivée de Moog a été bien accueillie par plusieurs. Dans un club qui comptait quelques bons joueurs comme le jeune Saku Koivu et les vétérans Shayne Corson, Vincent Damphousse et Mark Recchi, il fallait plus de solidité devant le filet.

La lutte devant les buts a été serrée durant toute la saison 1997-98…les deux gardiens terminant avec des chiffres similaires. Moog a été actif dans 42 parties alors que Thibault participa à 47 joutes. Le premier montra une moyenne de 2,49 en fin de saison alors que le second termina avec 2,47. Cependant, le britanno-colombien a terminé la saison avec un meilleur taux d’efficacité que le québécois, soit .905 contre .902 pour l’ancien gardien des Faucons de Sherbrooke.

Mark Recchi mena l’équipe avec 74 points en 82 parties, Damphousse a été une déception avec seulement dix-huit filets et Koivu, fidèle à son habitude, rata treize parties en raison de blessures, terminant malgré tout avec 57 points. Shayne Corson, acquis dans le catastrophique échange de Pierre Turgeon, a surpris avec 55 points en seulement 62 parties.

Le Canadien montra une fiche de 37 victoires, 32 revers et 12 matchs nuls, bon pour le septième rang dans la Conférence de l’Est et une qualification aux séries éliminatoires. Le défi était de taille, puisque les adversaires du CH étaient les Penguins de Pittsburgh, menés par Ron Francis, Martin Straka et Jaromir Jagr, qui avait terminé au premier rang de pointeurs de la ligue.

C’est Andy Moog qui était l’homme de confiance d’Alain Vigneault et il ne l’a pas déçu. Il a été étincelant lors de la série, que le Canadien a remporté 4-2, contre toute attente. Il faut croire que les Penguins étaient très forts à l’attaque, mais chancelants en défensive, ce qui rendait plus simple la mission du CH. Les joueurs en bleu-blanc-rouge devaient maîtriser les meilleurs attaquants de l’équipe pennsylvanienne, ce qu’ils firent avec brio, avec l’aide de Moog.

Ce dernier a été excellent pour permettre au CH de remporter sa première série en cinq ans et, ultimement, sa seule sur une période de neuf ans, avant que José Théodore ne batte les Bruins en 2002 après une saison de rêve. Lors du premier match, Moog réalisa 44 arrêts dans une victoire de 3-2 en prolongation et, mieux encore, un blanchissage lors du match ultime de la série!

Les Sabres de Buffalo, une machine défensive menée par le capitaine Mike Peca et le légendaire gardien Dominik Hasek, stoppa net la lancée du Canadien, infligeant la défaite aux Glorieux en quatre petites parties. Le héros du jour et Thibault se partagèrent la tâche dans une cause perdante.

Remplis d’espoirs suite à la surprise du premier tout cette saison-là, les fans espéraient que le Canadien sortirait de sa torpeur pour les années à venir. Malheureusement, c’est sans Moog qu’ils allaient devoir tenter de le faire, puisque ce dernier sacrifia ses deux dernières années de contrat pour partir à la retraite.

Le vétéran se retira avec 372 victoires en carrière, toujours bon pour le quinzième rang de tous les temps à ce jour. Après avoir connu des succès partout où il est passé, Andy Moog n’aura disputé qu’une saison, sa dernière, avec le CH. Incluant les séries, il n’aura participé qu’à 51 joutes avec le club montréalais. Il déclara, quelques années plus tard, que Montréal était la meilleure ville de la LNH, rien de moins!

La majorité des fans de la LNH se souviennent plus de lui comme gardien numéro deux des Oilers et gardien numéro un des Bruins, mais il aura donné un peu d’espoir aux fans du CH alors que l’équipe traversait la pire décennie de son histoire, soit celle de 1995 à 2005, durant laquelle l’équipe rata les séries cinq fois, et ne remporta que trois rondes au total.

Après le départ de Moog, Thibault quitta le CH quelques mois plus tard, mais cette histoire vous sera racontée une autre fois!

En attendant, merci pour les souvenirs, Andy Moog!

Et bonnes séries, fans du CH!