Rabid Habs

Souvenirs du CH : Zarley Zalapski

Zarley Zalapski

Lorsque je me remémore le hockey de ma jeunesse. Je repense inévitablement à ces valeureux Canadiens de Montréal qui, malgré le fait que leurs années de dynastie et de gloire étaient loin derrière, avaient encore une excellente équipe à la fin des années ’80. J’aimais les Ludwig, Chelios, Robinson, Gainey et cie qui composaient l’excellente édition 1988-89 de nos Glorieux.

J’aimais évidemment aussi les grandes vedettes, commes Wayne Gretzky, Mario Lemieux ou Raymond Bourque, mais quand j’étais enfant, j’étais évidemment obnubilé par mon club de hockey favori. Au fil des années, j’ai apprécié des joueurs pour leurs prouesses, leurs histoires, ou des éléments précis de matchs visionnés ici et là, au gré de mon évolution dans le temps. Mais il y a autre chose…

Les joueurs au nom que l’on trouvait tout simplement cool, comme Peter Zezel, Tony Twist ou le toujours fiable défenseur Rick Zombo! Comment ne pas aimer un tel nom? 😉

Mais il y en a un qui avait la distinction d’être un très rare nord-américain de naissance à avoir comme initiales….Z.Z. Un défenseur du nom de Zarley Zalapski, qui a commencé sa carrière professionnelle en 1987 avec les Penguins, qui avaient fait de lui leur premier choix au repêchage de 1986 (4ème au total). Ce dernier a joué pour le Canadien, mais nous y reviendrons plus tard…

Natif d’Edmonton en Alberta (22/4/68), Zarley Zalapski était tout un défenseur offensif au niveau mineur. Dans la Ligue Junior de l’Alberta, il a récolté 70 points à seize ans et il a commencé la saison suivante sur les chapeaux de roues. Il décide alors de joindre le programme de l’Équipe Nationale Canadienne pour finir la saison 1985-86, plutôt que de continuer au niveau junior. Une bonne décision, puisqu’évoluer contre des joueurs plus vieux et aguerris lui a procuré une expérience inestimable…

D’ailleurs, il participe aux championnats du monde et même aux Olympiques de 1988 durant cette période! Rappelons qu’à l’époque, les joueurs professionnels n’étaient pas admis dans ces tournois, qui regroupaient plutôt les meilleurs joueurs amateurs au monde…

Ses accomplissements ne passent d’ailleurs pas inaperçus, comme mentionné plus haut, puisque les Pens l’avaient en haute estime. Il passera la saison 1986-87 entière à défendre les couleurs de l’équipe canadienne, et y jouera presque la totalité de la saison suivante également. Il a cependant la chance de porter le chandail des Pens durant quinze parties lors de la saison 1987-88, accumulant au passage onze points, en plus d’un différentiel de +10!

Zalapski connaîtra un bon début de carrière dans la LNH car dès la saison suivante, il y restera pour la première de plusieurs années à venir. Il dispute 109 matchs lors de ses deux premières saisons, accumule 86 points au passage et s’établit comme un défenseur offensif qui distribue admirablement bien la rondelle.

Lors de la troisième saison de notre défenseur d’aujourd’hui, les Penguins remportent la première coupe Stanley de leur histoire. Seul hic : c’est sans Zalapski qu’ils le feront, puisqu’ils échangent ce dernier aux Whalers de Hartford en compagnie de John Cullen, dans le fameux échange qui a emmené Ron Francis et Ulf Samuelsson aux Pens. Cet échange demeure aujourd’hui l’un des meilleurs (ou pires, dépendant du côté!) de l’histoire de la LNH…

Loin d’être abattu par la chose, le nouveau numéro 3 des Baleiniers récolte six points dans les onze matchs qu’ils dispute pour terminer la saison, avant de connaître les deux meilleures saisons de sa carrière! Jouant notamment avec Adam Burt, il récolte 20 buts et 57 points en 1991-92 et pas moins de 51 passes et 65 points en 1992-93, deux sommets en carrière! Il montre des différentiels négatifs durant cette période, mais les Whalers accordaient leur part de buts…

Malheureusement, l’organisation des Whalers n’allait nulle part dans le temps et malgré de bons moments avec eux, Zalapski voit les Whalers l’échanger aux Flames de Calgary, où il terminera la saison 1993-94 avec dix points en treize parties. Il jouera trois saisons complètes à Calgary, mais il semblait déjà avoir perdu de son lustre par rapport aux années précédentes. Qui plus est, il ratera toute la saison 1996-97 suite à une blessure à un genou, qui le ralentira par la suite…

Il est échangé à Montréal en compagnie de Jonas Hoglund, le 1er Février 1998, dans l’échange qui envoya Valeri Bure hors de la Métropole, et dispute vingt-huit parties avec les Glorieux. Il n’inscrit que six points, dont un seul but. Il aura la chance d’aider le CH à renverser son ancienne équipe, les Penguins, au premier tour des séries…

En 1998-99, personne dans la LNH ne lui fait signe, de sorte qu’il ne dispute que des parties…en Suisse. Les Lions de Zurich, de la Ligue Nationale A, lui font signe. Il ne joue que onze joutes là-bas, avant de revenir en Amérique du Nord, où il aura des passages infructueux avec les Grizzlies de Utah (LIH), les Flyers de Philadelphie (LNH, 12 parties, 2 passes…), Long Beach et Houston, encore dans la LIH (la défunte Ligue Internationale de Hockey).

Las de ne pas avoir sa chance de retourner dans la LNH, Zalapski décide d’aller en Allemagne, terminer la saison 2001-2002 avec les Barons de Munich (Allemagne). Il jouera neuf autres années au hockey professionnel, pour dix clubs différents, dont neuf en Europe! Jamais il ne disputera plus d’une trentaine de parties dans une saison, avec des statistiques plus qu’ordinaires. Il prendra sa retraite comme joueur, à l’issue de la saison 2009-2010…

Zarley Zalapski a joué quelques années pour Pittsburgh, Hartford et Calgary, mais il a voyagé de façon incroyable par la suite. À vrai dire, il a joué pour par moins de vingt équipes au niveau professionnel. Vingt!!!

Il a connu de très bons moments au début de sa carrière, mais il n’a jamais joué toutes les parties d’une saison, étant souvent aux prises avec des petits (et gros!) bobos qui l’ont définitivement affecté à long terme. Dommage, puisqu’il était très bon offensivement durant ses meilleures années. Cependant, il n’a jamais été reconnu pour son jeu physique, se mettant souvent dans des situations corsées alors qu’il préférait jouer la rondelle plutôt que l’homme…

Pour ce qui est de son séjour avec le Canadien, il faut préciser que les blessures et les années avaient déjà eu raison de Zalapski. Il n’était plus aussi mobile qu’auparavant et il n’était qu’une pâle imitation de la force offensive qu’ils constituait jadis. Même que durant un temps, Alain Vigneault l’utilisait…à l’attaque!

Aujourd’hui âgé de 46 ans, Zalapski est marié à une Suisse depuis 2006. En vertu de ce mariage, il a d’ailleurs la nationalité du pays de Mark Streit et Roger Federer. Ce qui a eu raison de sa carrière dans la LNH? Les blessures, et le fait qu’il jouait la rondelle et ne dominait pas l’adversaire physiquement.

À une ère où le hockey est devenu plus physique et défensif, il a perdu des plumes. Cela ne l’a pas empêché d’être reconnu et respecté durant ses meilleures années et il a quand même accumulé 387 points en 637 parties! Il a même participé au Match des Étoiles de 1993, à titre de représentant des Whalers de Hartford!

Merci pour les bons souvenirs, Zarley Zalapski!

Et bonne semaine à tous les lecteurs de Rabid Habs!